Journée africaine des droits de l’homme 2025: Amnesty Bénin plaide pour un renforcement des libertés publiques
Journée africaine des droits de l’homme 2025
Amnesty Bénin plaide pour un renforcement des libertés publiques
À l’occasion de la Journée africaine des droits de l’homme, Amnesty International Bénin appelle à des réformes du code pénal et du code du numérique et présente un manifeste d’engagement pour la défense des droits humains à la veille des élections de 2026.
Amnesty International Bénin a tenu, le mardi 21 octobre 2025, une conférence de presse au Bénin Royal Hotel. Devant les médias et ses partenaires, l’organisation a présenté trois documents de position destinés à interpeller les autorités et les acteurs politiques sur la nécessité de consolider les libertés publiques.
Le directeur exécutif, Dieudonné Dagbéto, assisté de Glory Hossou, coordinateur média et surveillance des droits humains, a exposé le contenu des trois textes : une plaquette plaidant pour la révision des dispositions du code pénal relatives au droit de réunion pacifique, une autre sur la réforme du code du numérique en matière de liberté d’expression, et un manifeste d’engagement pour les droits humains couvrant la période 2026–2031.
« Après nos rapports et communiqués, il nous faut désormais agir concrètement », a rappelé l’un des responsables d’Amnesty, soulignant la volonté de passer du constat à la proposition. L’organisation entend engager un dialogue approfondi avec les autorités, les partis politiques et la société civile afin de promouvoir des réformes équilibrées et conformes aux standards internationaux.
Ces documents sont le fruit d’un travail collectif mené avec une dizaine d’organisations béninoises, dont l’Association des Blogueurs du Bénin, l’Association des Jeunes Juristes du Bénin, Citoyennes 229, la Coalition des défenseurs des droits humains, l’Association des femmes juristes du Bénin et Human Rights Priority. Des experts de la Chaire Unesco des droits de l’homme et de l’Université d’Abomey-Calavi ont également contribué à leur élaboration.
Sur le code pénal, Amnesty recommande de préciser plusieurs articles susceptibles de restreindre abusivement le droit de réunion, en instaurant notamment des recours judiciaires effectifs et une distinction claire entre manifestants pacifiques et fauteurs de troubles. Concernant le code du numérique, l’organisation alerte sur la portée trop large de certaines dispositions, comme l’article 550 sur le harcèlement en ligne, et préconise des définitions plus précises ainsi qu’une meilleure proportionnalité des peines.
Le manifeste pour les droits humains ambitionne de replacer ces enjeux au cœur du débat public avant les élections générales. Amnesty souhaite obtenir des engagements publics de la part des partis politiques et encourager la société civile à s’impliquer activement pour que les libertés fondamentales soient garanties dans le cadre du processus électoral.
En conclusion, l’organisation appelle à une vigilance partagée et à une mobilisation nationale pour que les droits humains demeurent la base du vivre-ensemble démocratique au Bénin.
Rodolphe HOUEGBELO

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