Recherche agricole au Bénin: Des acquis tangibles mais un impact encore à consolider
Recherche agricole au Bénin
Des acquis tangibles mais un impact encore à consolider
Les résultats de la recherche agricole au Bénin confirment son rôle essentiel dans la transformation du secteur rural et la promotion du développement durable. Ce constat résulte d’une étude intitulée « Contribution de la recherche agricole au développement social et économique du Bénin : une évaluation qualitative ».Les résultats de ladite étude ont été présentés par Léonard Cossi Hinnou lors de l’Atelier scientifique national 2025 de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (INRAB), ouvert le mercredi 5 novembre 2025 au siège de l’institution, par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui.
Cette évaluation qualitative, menée par une équipe pluridisciplinaire, s’inscrit dans la logique de la théorie de la croissance endogène, qui fait de la connaissance et de l’innovation les principaux leviers de la prospérité économique. Les données recueillies montrent qu’entre 1996 et 2025, la recherche agricole béninoise a produit plus de 770 innovations et technologies, dont 204 sont considérées comme prometteuses. Elles couvrent la production végétale et animale, ainsi que la transformation post-récolte.
Parmi les innovations les plus influentes figurent les variétés et plants améliorés, les pratiques de restauration de la fertilité des sols et la mécanisation agricole. Ces technologies ont contribué à une amélioration notable des rendements, à la sécurité alimentaire et à la hausse des revenus dans plusieurs zones de production. Les exploitants interrogés reconnaissent que la recherche a permis d’alléger certaines contraintes de production et d’introduire des techniques plus performantes, adaptées à leurs besoins.
Toutefois, l’étude met en lumière plusieurs limites qui réduisent l’efficacité de ces acquis. L’adoption des innovations reste faible dans certaines régions en raison du coût élevé des équipements, du manque de formation technique, de la rareté des pièces de rechange et d’un accès insuffisant à l’information. Les agents de vulgarisation évoquent également un déficit de suivi des projets de transfert de technologies et une discontinuité dans les actions d’appui aux producteurs. De leur côté, les chercheurs déplorent le manque de financement régulier et la faible coordination entre les différentes structures de recherche et de développement agricole.
Face à ces constats, les auteurs de l’étude recommandent un renforcement de la co-construction des innovations avec l’ensemble des acteurs du secteur, notamment les producteurs, les ONG, les vulgarisateurs et les institutions de formation. Ils plaident pour une meilleure adaptation des technologies aux conditions locales, la création d’une base de données unique recensant tous les acquis de la recherche agricole nationale, ainsi qu’une amélioration du dispositif de transfert des innovations. L’étude souligne également la nécessité d’encourager les investissements privés dans la mise à l’échelle des technologies agricoles.
En conclusion, le rapport de Léonard Cossi Hinnou montre que la recherche agricole béninoise dispose d’un potentiel réel pour soutenir la croissance économique et la sécurité alimentaire. Les progrès réalisés sont significatifs, mais leur pérennité dépendra de la capacité du pays à transformer les résultats scientifiques en outils concrets de développement. Pour les experts réunis à L'INRAB, l’enjeu des prochaines années sera de passer d’une production de connaissances à une véritable culture de diffusion et d’appropriation des innovations, condition indispensable à la compétitivité du secteur agricole béninois.
Rodolphe HOUEGBELO

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