Régulation pharmaceutique : Des résultats concrets face aux défis du médicament
Régulation pharmaceutique
Des résultats concrets face aux défis du médicament
Le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique, organe stratégique de régulation placé sous l’égide de l’Autorité de Régulation du secteur de la santé (ARS), a tenu, ce mardi 20 janvier 2026, un point de presse au siège de l’ARS. La rencontre, organisée en présence des membres du Conseil, a été animée par sa présidente, le docteur Nathalie Migan Diogo, pharmacienne, qui a présenté les missions, les actions et les principaux résultats enregistrés dans la régulation du sous-secteur pharmaceutique.
À cette occasion, la présidente du Conseil a rappelé que le sous-secteur pharmaceutique ne se limite pas aux médicaments pris isolément, mais repose sur une organisation complexe et coordonnée, mobilisant une diversité d’acteurs autour d’un objectif commun : garantir à la population béninoise un accès équitable à des médicaments sûrs, efficaces, de qualité et financièrement accessibles.
Elle a expliqué que ce dispositif intègre les pharmacies de ville et les pharmacies hospitalières chargées de la dispensation des médicaments, les grossistes répartiteurs privés responsables de l’approvisionnement des officines, la Société béninoise pour l’approvisionnement en produits de santé (SOBAPS) qui assure la disponibilité des médicaments dans les formations sanitaires publiques, l’Agence nationale de contrôle de qualité des produits de santé et de l’eau (ANCQ), en charge du contrôle qualité, ainsi que l’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé (ABMED), compétente notamment pour la délivrance des autorisations de mise sur le marché et le respect des normes pharmaceutiques.
Selon le docteur Nathalie Migan Diogo, l’efficacité de l’ensemble de ce dispositif repose sur une gouvernance rigoureuse, une coordination étroite et un contrôle permanent, assurés par le ministre de la Santé et par l’Autorité de Régulation du secteur de la santé à travers le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique.
Un organe stratégique au cœur des réformes
La présidente du Conseil a rappelé que le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique a été mis en place en septembre 2022, dans le cadre des réformes engagées sous l’impulsion du Président de la République, Patrice Talon, afin de renforcer durablement le système de santé. L’organe se positionne comme une instance stratégique de contrôle, d’analyse et de proposition, chargée d’assurer une régulation efficace, cohérente et transparente du sous-secteur pharmaceutique.
Elle a précisé que l’action du Conseil s’articule autour de quatre axes majeurs : l’orientation et le contrôle des activités des institutions du sous-secteur, l’exercice du rôle d’instance de recours, la réflexion sur l’évolution du sous-secteur pharmaceutique et la coordination de la lutte contre les médicaments de qualité inférieure ou falsifiée.
Dans le cadre de son rôle d’orientation et de contrôle, le Conseil veille à la bonne mise en œuvre des missions confiées aux structures clés telles que l’ABMED et la SOBAPS. Des missions régulières sont menées sur le terrain afin d’évaluer les performances, d’identifier les difficultés et de formuler des recommandations visant l’amélioration continue de la disponibilité et de la qualité des produits de santé au bénéfice des usagers.
Concernant son rôle d’instance de recours, le Conseil a mis en place un cadre d’échanges réguliers avec les acteurs du secteur pharmaceutique. Depuis sa création, 22 saisines ont été analysées et traitées, chacune ayant donné lieu à des recommandations ou à des décisions concrètes, dont le suivi est assuré par l’organe.
Une lutte renforcée contre les faux médicaments
Abordant la lutte contre les médicaments de qualité inférieure ou falsifiée, la présidente du Conseil a insisté sur la gravité de la menace que représentent ces produits pour la santé publique. Elle a indiqué que le Conseil coordonne cette lutte en étroite collaboration avec l’ABMED, la police républicaine, la douane et les autorités judiciaires.
Cette coopération interinstitutionnelle a permis une intensification notable des opérations sur le terrain. Pour l’année 2025, dont les données sont en cours de consolidation, plus de 150 opérations ont été menées, aboutissant à la saisie de plus de 250 tonnes de faux médicaments. Ces résultats, a-t-elle souligné, traduisent un renforcement significatif des mécanismes de contrôle et de répression, positionnant le Bénin comme une référence régionale dans la lutte contre ce fléau.
Parallèlement aux actions répressives, des campagnes de sensibilisation sont régulièrement conduites afin d’informer les populations sur les risques sanitaires liés aux faux médicaments et de promouvoir le recours aux circuits légaux de distribution.
La présidente du Conseil a rappelé que les faux médicaments peuvent être inefficaces, favoriser des complications ou contenir des substances toxiques susceptibles d’entraîner des maladies graves, voire la mort. Elle a, à ce titre, invité les populations à faire preuve de vigilance et de responsabilité en se procurant leurs médicaments exclusivement dans les structures pharmaceutiques autorisées.
En conclusion, le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique a réaffirmé son rôle central dans la régulation et la gouvernance du sous-secteur. Par la voix de sa présidente, il a renouvelé son engagement à renforcer la régulation, à accompagner les institutions vers une amélioration continue de leurs performances et à garantir, avec l’ensemble des acteurs, un accès équitable aux médicaments sûrs, efficaces, de qualité et accessibles sur toute l’étendue du territoire national, tout en poursuivant activement la lutte contre le trafic des faux médicaments.
Rodolphe HOUEGBELO

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