Débat autour de l’ordre institutionnel au Bénin : Moïse Kérékou éclaire la portée réelle de la préséance protocolaire
Débat autour de l’ordre institutionnel au Bénin :
Moïse Kérékou éclaire la portée réelle de la préséance protocolaire
Dans un contexte marqué par de nombreuses interprétations autour du décret n°2026-107 du 11 mars 2026 fixant l’ordre de préséance en République du Bénin, une mise au point technique permet de clarifier la portée réelle de ce texte. Depuis sa publication, plusieurs analyses ont alimenté le débat public, parfois en entretenant une confusion entre ordre protocolaire et hiérarchie institutionnelle.
Dans un avis
technique porté par l’ambassadeur Moïse Kérékou, acteur politique béninois,
ancien diplomate et figure engagée dans les questions de développement
africain, une clarification est apportée sur la signification réelle de la
préséance protocolaire. Diplômé en sciences politiques et en relations
internationales, notamment à l’Université américaine de Beyrouth, il s’est
intéressé très tôt aux enjeux liés à la jeunesse, à l’intégration africaine et
à la coopération internationale. Il a exercé des fonctions diplomatiques,
notamment en tant qu’ambassadeur du Bénin en Turquie entre 2013 et 2016,
contribuant au renforcement des relations bilatérales entre les deux pays.
L’auteur
précise, comme il l’a lui-même indiqué, que son avis est « purement technique
et ne vise pas à prendre part au débat politique ». Cette précision vise à
situer son analyse dans un cadre strictement institutionnel et non partisan.
Dans son
analyse, il souligne que la préséance protocolaire ne doit pas être confondue
avec le poids réel des institutions dans l’architecture du pouvoir. Elle ne
constitue ni un indicateur d’autorité politique, ni une mesure de l’importance
institutionnelle. Elle relève plutôt d’un ordre formel, symbolique et
conventionnel, destiné à organiser les cérémonies officielles de la République.
Selon cet
avis, la préséance sert essentiellement à structurer les prises de parole, les
placements et les honneurs lors des événements d’État, afin d’assurer une organisation
harmonieuse et d’éviter les conflits de rang entre institutions. Elle s’inscrit
donc dans une logique de représentation et non dans une logique de pouvoir.
En revanche,
les attributions réelles des institutions publiques dépendent du cadre juridique,
notamment de la Constitution et des lois organiques, ainsi que des dynamiques
politiques propres au fonctionnement de l’État. Ces éléments définissent les
compétences effectives, indépendamment de tout classement protocolaire.
L’avis
souligne également que dans plusieurs systèmes bicaméraux, la chambre haute
peut être placée avant la chambre basse dans l’ordre protocolaire pour des
raisons historiques ou symboliques, sans que cela n’implique une supériorité
fonctionnelle dans le processus législatif.
En
conclusion, le texte précise que dans le cas du Bénin, le futur Sénat tel que
positionné de facto avant l’Assemblée nationale dans l’ordre de préséance
protocolaire, ne traduit pas de jure une hiérarchie institutionnelle. Le
protocole demeure un outil de représentation de l’État, tandis que les pouvoirs
des institutions sont définis par les normes constitutionnelles.
Rodolphe
HOUEGBELO

Commentaires
Enregistrer un commentaire