Géopolitique mondiale et recomposition des puissances : Moïse Kérékou analyse l’affirmation stratégique de la Chine face aux États-Unis

Géopolitique mondiale et recomposition des puissances :

Moïse Kérékou analyse l’affirmation stratégique de la Chine face aux États-Unis

 


Moïse T. Kérékou est un homme politique et diplomate béninois. Ancien ambassadeur du Bénin en Turquie, il s’est illustré dans la diplomatie et les réflexions sur les relations internationales, l’intégration africaine et les enjeux géopolitiques contemporains. Dans une récente analyse, il estime que l’évolution des rapports de force entre la Chine et les États-Unis traduit un basculement majeur de l’ordre mondial.


Selon lui, la rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping illustre cette nouvelle dynamique internationale. Malgré les tensions commerciales, les différends autour de Taïwan, de la mer de Chine ou encore les mesures douanières américaines, la Chine continue de consolider son influence à l’échelle mondiale.

Moïse Kérékou souligne que la puissance chinoise repose sur plusieurs facteurs structurants : une civilisation ancienne, un vaste marché intérieur, une forte capacité industrielle, la maîtrise des chaînes de valeur ainsi qu’une vision stratégique inscrite dans le long terme. À ses yeux, Pékin ne se limite plus au rôle « d’usine du monde », mais s’impose désormais comme un acteur capable de définir ses propres standards technologiques et économiques.

À l’opposé, l’ancien diplomate estime que les États-Unis demeurent une grande puissance, mais avec un modèle davantage centré sur la finance, les sanctions économiques et les rapports de force diplomatiques. Il relève également que la présence d’importants hommes d’affaires américains, dont Elon Musk, lors d’une visite d’État du président américain, traduit le poids croissant des intérêts économiques privés dans la stratégie américaine.

Pour Moïse Kérékou, le véritable enjeu du XXIe siècle ne réside plus uniquement dans la puissance militaire. Il concerne désormais la maîtrise des technologies, des normes industrielles, des ressources stratégiques et des systèmes économiques mondiaux. Reprenant une formule souvent attribuée à Pékin, il rappelle que « celui qui impose les normes impose le système ».

Face à cette transformation mondiale, il invite les États africains à développer une vision stratégique commune fondée sur l’intégration régionale, la souveraineté économique, l’industrialisation, l’innovation et le capital humain. Selon lui, l’Afrique doit dépasser les logiques de dépendance et de gestion à court terme pour construire un modèle de développement durable et autonome.

L’ancien ambassadeur considère enfin que la trajectoire chinoise démontre qu’aucune puissance n’est éternellement dominante. « Le monde change. Ceux qui ne comprennent pas les nouvelles règles risquent de rester spectateurs de l’histoire », conclut-il.

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