Lutte contre la corruption : Le consortium Social Watch–ALCRER forme quinze journalistes à l'investigation
Lutte contre la corruption :
Le consortium Social Watch–ALCRER forme quinze journalistes à
l'investigation
Les professionnels des médias ont un rôle déterminant à jouer dans la promotion de la transparence, de la bonne gouvernance et de la redevabilité. C'est dans cette perspective que quinze journalistes prennent part, du 23 au 25 juin 2026 à l'Hôtel des Princes de Bohicon, à une session de formation consacrée au journalisme d'investigation en lien avec la lutte contre la corruption et les atteintes à l'obligation de redevabilité.
Initiée par le consortium Social Watch Bénin–ALCRER dans le cadre du projet
« Agir pour le renforcement de la redevabilité sociale dans la gestion des
finances et politiques publiques au Bénin », cette activité bénéficie du soutien
de la Coopération suisse à travers le Programme Redevabilité, mis en œuvre par
GFA Consulting Group.
À l'ouverture des travaux, le Directeur exécutif de l'ONG ALCRER, Martin Assogba, a mis en lumière la place centrale des médias dans le contrôle citoyen de l'action publique. Pour lui, le journalisme d'investigation constitue un outil essentiel de prévention de la corruption et de promotion de l'intégrité. Il a invité les participants à tirer pleinement profit de cette formation afin de produire des enquêtes rigoureuses, fondées sur des faits vérifiés et utiles au débat public.
Même son de cloche chez le président du Conseil d'administration de Social
Watch Bénin, Rigobert Orou Ganni. Saluant la qualité du processus de sélection
des participants, il a indiqué que cette initiative vise à faire émerger au
Bénin un véritable vivier de journalistes spécialisés dans les investigations
liées aux faits de corruption. Selon lui, les productions journalistiques qui
découleront de cette formation devront contribuer à renforcer la transparence
et à soutenir les efforts de lutte contre la corruption.
Le chef d'équipe de l'Unité de gestion du Programme Redevabilité, Léopold Kohoun, a pour sa part rappelé que la lutte contre la corruption ne peut être efficace sans une information crédible, rigoureuse et accessible aux citoyens. S'appuyant sur les dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption, il a souligné le rôle stratégique des médias dans la prévention de la corruption, la promotion de la redevabilité et le renforcement de la démocratie. Cette deuxième cohorte de journalistes, a-t-il ajouté, devra produire des enquêtes plus solides, mieux documentées et porteuses d'impact pour le débat public.
Représentant le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC),
Euloge Francis Atadé a réaffirmé l'engagement de l'institution à travailler en
synergie avec les médias, les organisations de la société civile et les autres
acteurs engagés dans la lutte contre la corruption. Il a rappelé que les faits
de corruption demeurent souvent difficiles à documenter, d'où la nécessité de
renforcer les capacités des journalistes afin qu'ils puissent mieux identifier,
analyser et traiter les informations liées à ce phénomène. Il a également
assuré de la disponibilité du HCPC à accompagner toutes les initiatives
favorisant la transparence, l'éthique publique, l'intégrité et la bonne
gouvernance.
Animée par les experts Georges Marie-Léandre Amlon et Gervais Loko, cette
session de formation ambitionne de doter les participants d'outils
méthodologiques, techniques et déontologiques leur permettant de conduire des
investigations de qualité. Au terme des trois jours de travaux, les
organisateurs espèrent voir émerger des projets d'enquête susceptibles de
renforcer le contrôle citoyen de l'action publique et de contribuer à une
gouvernance plus transparente au Bénin.
Rodolphe HOUEGBELO



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