Université d’Abomey-Calavi : Benjamin ALANMENOU devient docteur en étudiant la délinquance scolaire
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Université d’Abomey-Calavi :
Benjamin ALANMENOU devient docteur en étudiant la délinquance scolaire
Le monde universitaire béninois s’est enrichi d’un nouveau docteur. Le mardi 10 février 2026, M. Benjamin ALANMENOU a brillamment soutenu sa thèse de doctorat à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), au sein de l’École doctorale pluridisciplinaire « Espaces, Cultures et Développement », Formation doctorale de Psychologie et des Sciences de l’Éducation.
À l’issue de la soutenance, le jury lui a décerné la mention très honorable assortie des félicitations.
Intitulée « Analyse de la recrudescence de la délinquance juvénile en milieu scolaire au Bénin : cas de l’enseignement secondaire dans le département du Littoral », la recherche a été conduite sous la direction du Professeur titulaire (CAMES) Cyriaque C. S. AHODEKON, avec la co-direction du Professeur titulaire (CAMES) Raphaël R. KELANI.
Le jury était présidé par le Professeur titulaire en Sciences de l’Éducation HOUESSOU Y. D. Patrick.
Une problématique sociale préoccupante
Dans son travail, le nouveau docteur met en lumière une réalité de plus en plus visible : la délinquance juvénile ne concerne plus seulement les adolescents déscolarisés, mais touche désormais l’espace scolaire. Selon l’étude, le phénomène, particulièrement marqué dans le département du Littoral, résulte de facteurs multiples et imbriqués.
La pauvreté et le manque d’opportunités économiques constituent l’un des principaux déterminants. À cela s’ajoutent des environnements familiaux fragilisés par les conflits et l’insuffisance d’encadrement parental. L’étude souligne également l’impact d’une culture scolaire parfois peu inclusive, marquée par des violences, le décrochage moral des apprenants et un désengagement pédagogique.
Les influences des pairs et des groupes communautaires jouent aussi un rôle déterminant, les adolescents cherchant leur intégration sociale, quitte à adopter des comportements déviants. L’état des lieux dressé par la recherche révèle une progression inquiétante de ces comportements dans la communauté éducative.
Une approche scientifique multidimensionnelle
Pour analyser ce phénomène, Benjamin ALANMENOU a adopté une approche mixte, combinant méthodes qualitatives et quantitatives. L’enquête a mobilisé 115 acteurs : responsables d’établissements, enseignants, élèves, forces de sécurité, organisations non gouvernementales, membres de la société civile, ainsi que des autorités coutumières et religieuses.
Les résultats montrent que les initiatives de prévention demeurent insuffisantes et se heurtent à plusieurs obstacles, notamment le manque de programmes structurés de sensibilisation. Le chercheur préconise donc une approche intégrée, associant école, famille, autorités publiques, organisations communautaires et leaders religieux, afin de prévenir efficacement la délinquance juvénile et d’améliorer le climat scolaire.
Un parcours professionnel riche
Outre sa carrière académique, le nouveau docteur possède une solide expérience professionnelle. Actuellement Conseiller technique aux accords internationaux au Ministère de l’Industrie et du Commerce, il a auparavant exercé comme Ministre conseiller à l’Ambassade du Bénin à Abuja.
Il fut également coordonnateur de l’ONG “Prisonniers Sans Frontières” (PRSF Bénin) et Directeur national du Centre de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence.
Par la pertinence sociale de son sujet et la portée de ses recommandations, cette thèse apporte une contribution significative à la réflexion nationale sur la sécurité scolaire et la protection de l’enfance, dans un contexte où l’éducation demeure un levier essentiel du développement.


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